L'inégalité est un crime contre l'humanité

L'inégalité est un mode de pensée promu et entretenu par ceux qui en profitent contre ceux qui sont leurs victimes.

L'inégalité n'est pas la différence. Nous sommes tous différents par nature. Nous sommes inégaux par choix de société. 

L'inégalité est une violence, source de discriminations, de maladies, de mal-être social, d'injustices. Elle ne peut être maintenue que par la contrainte exercée à l'encontre de ses victimes. Cette contrainte passe par la violence symbolique, la violence économique, la violence d'État, la violence de genre. Elle produit une violence systémique et ne se perpétue que par l'accroissement constant de cette violence.

L'égalité promue par la Révolution française n'a pas aboli l'inégalité sociale.

Le privilège de la naissance, autrefois réservé aux nobles, a été étendu aux bourgeois par la République, sans être corrigé. L'inégalité se reproduit par héritage.

Le mérite n'existe pas. L'inégalité n'est pas naturelle. 

L'inégalité détruit l'humanité

Cet article de la revue Nature (en anglais) est tout à fait explicite : la pauvreté obère le développement du corps et de l'esprit, dès les premières semaines du nourrisson.
« How poverty affects the brain » montre les effets délétères de la pauvreté tant sur la mère, plus souvent dépressive à la naissance de l'enfant que dans les milieux aisés, que sur le nourrisson, le bébé, le petit enfant, l'enfant, l'adolescent et l'adulte. La mesure du moindre développement cérébral, des retards de croissance, de la taille adulte diminuée confirme ce qui avait déjà été observé à Londres au XIXème siècle : les ouvriers y faisaient en moyenne 15 cm de moins que les aristocrates.
L'étude montre que l'inégalité sociale crée des mécanismes de constitution d'inégalité des êtres, dans leur développement même et vérifier l'impact d'autres éléments comme l'attention, l'affection ou le soin ne modifie pas le constat. La pauvreté, le statut d'infériorisation, abaissent et rabaissent tout, le corps comme l'esprit, appauvrit les relations, appauvrit les interactions avec le bébé et condamne dès la naissance le petit humain.

Les femmes sont aux premières loges

Elles portent et nourrissent les enfants pendant toute la période de gestation au cours de laquelle le fœtus subit les carences portées par le corps de la mère lorsquelle celle-ci ne parvient pas à s'alimenter convenablement, ce qui est une caractéristique de la pauvreté et pire encore dans la grande pauvreté. Les femmes sont éduquées pour se priver, mieux alimenter leur mari qu'elles mêmes lorsqu'il n'y en a pas assez pour deux et elles se privent encore lorsqu'il s'agit de satisfaire aussi leurs enfants. Dans « Pourquoi les femmes sont plus petites que les hommes », ce documentaire d'Arte expose les contraintes qui s'imposent ainsi aux femmes et que les femmes pauvres subissent plus que les autres, incorporant leur propre stress dans les petits corps qu'elles portent.

La pauvreté n'est pas une fatalité

Elle ne fait pas partie de la constitution même des personnes mais provient des politiques de prédation et d'accaparation qui, en accumulant les richesses entre quelques mains en privent toutes les autres. Nos sociétés ont développé des mécanismes de légitimation de cette accaparation, ont valorisé les individus des cultures de l'accumulation qui se comportent en prédateurs au détriment des autres et de leur environnement. Ce sont des règles qui s'imposent par la force de lois, de polices et d'armées et qui pourraient être différentes, inversées. Justement parce que ce sont des règles, des décisions humaines, qui créent, maintiennent et amplifient ces situations d'accumulation et de prédation et que leurs effets sont délétères pour la majorité de l'espèce humaine, ces règles sont constitutives de crime contre l'humanité.

L'inégalité est une violence

L'étude des conséquences de la pauvreté et de la pauvreté extrême sur le développement de l'embryon et de la petite enfance ne fait que mettre en lumière la violence par laquelle s'impose à ceux qui la subissent cette pauvreté, qui les atteint dans leur constitution et diminue leurs capacités.

Accaparer la terre, accaparer la vie

L'inégalité crée la domination. Le pouvoir de la position sociale et de la fortune est d'abord le pouvoir de disposer de la vie d'autrui.

En savoir plus

José Pepe Mujica, sur l'inégalité

José Mujica a été président de l'Uruguay. Appelé « le président le plus pauvre du monde » cet homme atypique, fondateur des Tupamaros, n'a jamais accepté les inégalités sociales.

Les questions sont en anglais, les réponses en espagnol. Pour les sous-titres en français, allez dans "Paramètres".

Foire aux questions


Non. Dans le discours idéologique on entend souvent dire « nous sommes tous inégaux », ce qui est un abus de langage. De naissance, et par nature, nous sommes tous et toutes différent·e·s. Le terme « inégal » fait référence à des valeurs (de force, de taille, de mesure, etc.) et l'appliquer à des êtres humains signifierait considérer que certains humains ont plus de valeur que d'autres. C'est le raisonnement tenu par les racistes qui hiérarchisent, dans une échelle de valeurs différentielles, les hommes et les femmes ainsi que ce qu'ils considèrent être des races qui ne se vaudraient pas toutes.

Cette forme de pensée est héritée de la distinction entre nobles (supérieurs) et roturiers (inférieurs) qui attribuait une valeur différente aux uns et aux autres afin de justifier des positions sociales inégales. L'inégalité est un choix de société, la différence quant ) elle est liée, comme l'a constaté Charles Darwin, à la descendance avec variations (l'enfant n'est pas strictement identique à sa mère).


« Tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux » - dit la déclaration des Droits de l'Homme de 1948, mais cette phrase est incomplète, elle se termine par « en droits ». Ce n'est ni une erreur ni un constat d'une réalité naturelle : c'est la volonté de reconnaître comme légitimes les inégalités sociales.

Imaginez que la DUDH dise « Tous les humains naissent et demeurent libres et égaux tant en droit qu'en fait », plutôt que « en droits » seulement, cela signifierait que l'ensemble des richesses produites par les sociétés où nous vivons devraient être réparties égalitairement, comme cela se faisait dans beaucoup de sociétés en Amérique, en Asie et en Afrique où il n'existait ni accumulation, ni argent, ni économie marchande, comme par exemple les Iroquois.

Puisqu'il est possible de vivre dans des sociétés qui ne connaissent ni inégalités, ni pouvoir, alors l'égalité « en droit » est une manière d'éviter l'égalité réelle.


Il est difficile de combattre l'inégalité parce que la majorité des gens sont persuadés qu'elle est naturelle et qu'on ne peut s'y opposer, c'est ce qu'Étienne de La Boëtie a appelé « la servitude volontaire ».

Aussi longtemps que les gens ont été persuadés que le roi était la volonté de Dieu et qu'il représentait l'ordre naturel du monde, l'Ancien régime a perduré : hiérarchique, inégalitaire, autoritaire, discriminatoire, violent. Dès lors que les gens ont pensé que chacun était libre de ses choix, la Révolution l'a emporté avec les Droits de l'Homme, la liberté individuelle et la revendication d'égalité des citoyens entre eux.

Un système social basé sur l'inégalité produit de la corruption, de la violence, des êtres humains diminués, de la soumission incompatible avec la dignité humaine, des hiérarchies alimentées par les différences de fortune et condamne la très grande majorité des êtres humains existants et à venir à subir dans leur existence, dans leur chair, dans leur état de santé, dans leurs accès aux savoirs, pendant toute la durée de la seule vie qu'il leur est donné de vivre, une situation de domination où ils sont forcés, pour assurer leur quotidien, de se mettre au service des mieux lotis, c'est ce qu'on appelle l'exploitation.

Il faut combattre l'inégalité parce qu'aucun être humain ne doit être soumis à aucun autre être humain.


De l'inégalité aux discriminations, l'idéologie de la hiérarchie

Stephen c'est son nom anglais, il ne donne pas le nom par lequel il se reconnaît, qui fait son identité. On voit que l'acculturation et le regard infériorisant conduisent à la négation de soi. L'idéologie inégalitaire qui mène au rejet raciste, inventé en Europe et aux ÉUA au XIXème siècle, nie l'humanité égale de ses semblables.

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