
Veut-on encore du gaz d'échappement dans nos poumons?
Le conseil constitutionnel a censuré la loi qui enterrait les Zones à faible émission. Tout de suite, les radios et journaux bien orientés ont tiré à boulet rouges sur le conseil d’État en l'accusant d'avoir pris une décision politique.
Le conseil d’État a pris une décision en droit en se basant sur le fait qu'il s'agissait d'un amendement un peu cavalier (au sens de abusé). En effet, il avait été introduit introduit dans une loi plus générale sur la simplification de la vie économique. Or, la loi prévoit que tout amendement soit en lien direct avec la loi auquel il est relié, ce qui n'était pas le cas.
C'est sur cette base que se porte le jugement et non sur le fait de savoir si le gaz d’échappement peut se retrouver dans nos poumons.
Mais au fait pourquoi ces ZFE posent-elles problème?
Ce n'est pas un débat franco-français, mais elles existent dans un certain nombre de pays.
L'argument que les personnes aux revenus les plus modestes sont les premières victimes est tout à fait entendable. Ce sont elles qui, à des heures où les transports ne sont pas toujours accessibles, doivent se rendre dans les centres-villes pour travailler ; ce sont elles qui statistiquement ont les voitures les plus anciennes.
C'est devenu un enjeu politique entre ceux qui sont globalement opposés à ce qu'ils nomment comme un "dictat" de l'écologie et qui sur un mode populiste jouent le pauvre peuple contre les bobos en dehors de toute réalité.
Renverser les choses?
On pourrait aller vers des zones à faible émission en interdisant totalement la circulation aux non-résidents et en l'accordant aux acteurs de la zone. Cela résoudrait plusieurs problèmes à la fois. Peut-être cela devrait s’accompagner d'une politique de transports plus incitative à l'intérieur de ces zones.