Survole
Depuis les temps jadis, le temps a mûri. Des tréfonds des gouffres, la crasse du charbon s’est écroulée sur elle-même. Se condensant, elle finit par se raffiner d’elle-même. Un éclat vif transcenda les affres de cette âme. Une tempête explosa, balayant résidus, poussière et vermines. La fosse elle-même s’élargit. Une énergie sublimée fit son ascension en l’espace d’un éternel moment. Puissante, directe, électrique. Destinée à se révéler enfin telle qu’elle fut toujours. Vint, dans le même moment, l’apothéose de la volonté, s’élevant dans le sillage, d’un calme et d’une tranquillité souveraine. Telle un courant subjuguant tout chaos. Ainsi, ces deux forces se rejoignirent au firmament du gouffre. Enfin éclot sur la plaine de l’existence.
Cette entité fit un pas. Un autre, et s’immobilisa. Les abîmes avaient un dernier cadeau à offrir. Une dernière récompense. De ces diamants nés de la fange, ils s’envolèrent du crépuscule, et devinrent parures, armure et augures. Tout cela était effectivement annoncé dans l’oubli. Écrit en lettres d’âmes, il indiquait qu’il n’y a nul chemin ne menant pas à l’aboutissement.
Dans cet espace dégagé, dans cette lumière omniprésente, l’entité eu enfin toute la place requise. Ainsi, juste après son avènement, elle fit le choix d’exploser. Le choix de se disperser en constellations. En perpétuelle expansion, tout gravitant autour de son entre, de son centre. Un besoin ineffable, infernal, de remplir l’espace d’elle-même. De couvrir la moindre parcelle de liberté de ses expérimentations. Sa conscience infusant l'absolu de sa présence. Se métabolisant en tout et son contraire, cherchant ce qu’elle n’est pas pour ainsi, le devenir, l’imaginer, le découvrir.
Un nouveau jeu sans fin vient de commencer. Celui de trouver la plus belle architecture permettant de s’en habiller de la plus seyante manière. Ainsi, la volonté joue, s’amuse et découvre. Encore et toujours. Laissant la place belle à l’inconscience, l’utilisant pour sonder les interstices des réalités. Cet endroit où il n’y a que plus de place, que plus d’aventures à découvrir, à créer.
Focalisée entièrement en elle-même, l’entité devient absolue et totale. De ce nouveau paradigme, qui la satisfait, elle sait qu’il y a plus. Elle sait que, quelque part, il y a d’autres êtres comme elle. D’autres êtres intégralement différents d’elle. Quand sonnera l’heure, il faudra aller découvrir ce qu’il peut émerger de tout cela. Mais, pour le moment, elle bâtit enfin son monde sur les piliers les plus stables qu’il puisse exister : elle-même.