Jean GOULIN, historien de la médecine & encyclopédiste (1728-1799)

Jean GOULIN est né à Reims (Marne - France) le 10 janvier 1728. Ses parents étaient Denis Jean GOULIN et Jeanne Jacqueline EMON. Son père exerçait la profession de marchand mais il mourut très jeune, ne lui laissa point de fortune. Il fut donc élevé par sa mère qui lui permit d'étudier dans un collège catholique de Reims.

Comme il était très intelligent et travailleur il fût toujours dans les premières places et obtint les meilleurs prix. Il eut aussi le bonheur d'étudier sous la conduite d'un grand maître habile qui s'est fait un nom dans la république des lettres, l'abbé Batteux, alors professeur d'éloquence au collège de Navarre dont Jean GOULIN dira cependant, plus tard, qu'il était trop tourmenté par l'ambition pour se consacrer suffisamment à ces élèves.

Il pris du goût pour la littérature notamment grecque et latine qu'il lisait dans le texte (Horace, Térence, Quintilien, ...) mais il avait de la peine à se familiariser avec les termes de la dialectique et avec les questions frivoles qu'on traitait à cette époque dans les manuels de philosophie.Il revenait toujours à ses auteurs classiques, et avec eux à quelques autres ouvrages tels que "les caractères" de La Bruyère, les œuvres de Look et de Crouzas ou celle de Port-Royal. Bien entendu, il s'était lié avec quelques jeunes gens de son âge, qui n'étaient pas plus fortunés que lui et avec qui ils se divertissaient. Ainsi, chacun d'eux, à jour fixe, était chargé de réciter un certain nombre de vers latins ou grecs appris par cœur et traduits ce qui donnait lieu quelquefois, d'après Jean GOULIN : "à des propos gaillards dont nous ne nous ne sentions nullement coupables, d'ailleurs nous ne savions pas encore qu'on pouvait être prêtre, curé, évêque, cardinal même, et avec tous ces titres, ne pas croire en Dieu ...".

Après ses deux années de philosophie, il fallut qu'il se déterminât au choix d'un métier. Son excellente éducation le rendait propre à l'exercice de toutes les professions qui exigent des études. Sa mère qui regardait l'état ecclésiastique comme le refuge des valeurs morales désirait qu'il embrassât cet état mais Jean GOULIN s'y refusa : "en signant, j'aurais agit contre mon bonheur et ma conscience".

A défaut, on lui fit entrevoir la noblesse et la dignité de la profession d'avocat : son goût l'y portait volontiers mais cela représentait une dépense de plusieurs années à laquelle sa mère était hors d'état de pourvoir. Il renonça donc à suivre cette carrière. On s'occupa cependant des moyens de l'initier à cette activité en le plaçant chez un de ces officiers publics qu'on appelait "procureurs" et où l'on apprenait que trop souvent l'art cruel de s'enrichir des dépouilles de la veuve et de l'orphelin. On avait donc choisit un coryphée du parti janséniste chez lequel Jean GOULIN devait apprendre les détours de la chicane. Mais l'arrestation de ce chef fit échouer des vues qu'on croyait permettre à Jean GOULIN de mener à la fortune.

L'état de médecin lui aurait beaucoup plu mais ses études exigeaient à peu près les mêmes dépenses que celles d'avocat, on se tourna donc du côté des fermiers généraux et comme il n'avait pas encore l'âge requis pour être reçu commis aux aides, on le plaça en attendant chez un homme de loi qui s'occupait principalement de ces sortes d'affaires. Voila donc un jeune homme qui savait par cœur les auteurs grecs et latins occupés à rédiger des exploits et des procédures. Mais l'iniquité des commis, leurs exactions atroces dont il trouvait la preuve même dans leurs procès-verbaux, révoltèrent tellement Jean GOULIN qu'il quitta brusquement ses fonctions.

Sa mère, douée de sentiments élevés, et qui n'avait consenti à le voir ainsi placé qu'à défaut d'autres ressources, lui permit de chercher une occupation plus analogue à sa probité et à ses connaissances. Jean GOULIN imagina donc d'avoir recours à son ancien professeur de collège : l'abbé Batteux. Il lui écrivit en lui demandant une place d'instituteur dans quelques collèges ou pensions. Après un premier refus, il insista une seconde fois et peu de temps après il lui trouva une place de répétiteur chez un maître de pension, avec les modiques appointements de 100 francs par an. Jean GOULIN accepta cette proposition et entra dans cette fonction le 26 mars 1747 ; il avait alors 19 ans...!

Il y avait six mois qu'il partageait son temps entre les devoirs de la place et ses études favorites des auteurs classiques, lorsque réfléchissant sur la profession qu'il voulait définitivement embrasser, il tourna ses vues du côté de la médecine qu'il crut pouvoir apprendre en même temps qu'il se consacrait à l'éducation. La médecine ne lui était, d'ailleurs, pas tout à fait étrangère, car il avait déjà composé un vocabulaire grec, latin et Français de tous les termes médicaux qu'il avait rencontrés dans ses lectures. En vain, l'abbé Batteux, à qui il communiqua cette idée, voulut-il l'en détourner car il le destinait au séminaire. Mais Jean GOULIN préféra se brouiller avec lui plutôt que de renoncer à son projet et il se mit à l'étude de cette science.

Pendant qu'il s'y adonnait avec ardeur à la Médecine, un affront injuste qu'il essuya, une fausse accusation portée contre lui, un traitement indigne de la part du maître chez lequel il demeurait en qualité d'instituteur le plongea dans un délire mélancolique et le détermina à choisir la voie des ordres monastiques.

Il avait un oncle bénédictin à la basilique Saint-Denis, il alla le trouver et lui fit part de son projet qu'il regardait comme une inspiration du ciel et dont rien ne pouvait le détourner. Le religieux prudent, après l'avoir écouté tranquillement lui répondit : "vous n'êtes pas fait pour vivre dans un cloître, vous vous repentiriez de votre démarche" "Allez trouver Dom Fouquet que vous connaissez et qui est ici, voyez-le, parlez-lui, contez-lui vos chagrins et suivez sons avis". Il y alla, et Dom Fouquet l'écouta, lui conseilla de retourner à Paris, d'y chercher une place et de revenir le voir dans six mois, s'il était dans les mêmes sentiments. Jean GOULIN n'était déjà pas encore de retour à Paris qu'il ne songeait plus à l'état monacal pour lequel quatre heures auparavant il croyait avoir une vocation marquée.

Peu de temps après, un de ses anciens camarades lui procura une nouvelle place de répétiteur chez un maître de pension dont il trace un portrait affreux et qu'il appelle le "Gorgilius Plagosus" d'Horace. Voici pourtant un trait de caractère de ce maître qui prouve qu'il avait des sentiments et qu'il savait apprécier le mérite.

Dans une de ses brusqueries ordinaires, il s'avisa un jour d'appeler Jean GOULIN "bête" devant ses écoliers qui en rirent. "Ce rire", lui dit Jean GOULIN, "est la satyre de votre injure et la preuve de l'avilissement de l'état que j'exerce, profitez de la leçon.". Le maître en profita réellement car il le fit venir chez lui, lui fit des excuses et le regarda depuis comme un autre lui-même, au point qu'il lui confia sa maison et toutes ses affaires pendant un voyage d'un mois qu'il fit dans on pays d'origine.

Malgré la vie dure qu'il menait et quoiqu'il fût obligé de sacrifier une partie de la nuit à ses études, Jean GOULIN resta 18 mois dans cette pension. Ayant atteint 22 ans, âge où il lui semblait qu'il du jouir de la plus brillante santé, il se sentit tout à-coup affaissé et perdit l'appétit. Sa digestion devint pénible et bientôt nulle. A peine pouvait-il se tenir se soutenir sur ses jambes. Il dépérissait à vue d'œil, sans doute triste et funeste effet de ses veilles et études trop longtemps prolongées. Mais au moyen du repos et surtout de la cessation du travail d'esprit, il parvint à se rétablir et entra dans une autre pension où il resta deux années avant de la quitter pour être tout à fait libre en donnant des leçons en ville à des écoliers que ses connaissances et amis lui procurèrent.

En 1753, une personne qui s'intéressait à son sort, sollicita pour lui une place qu'il aurait pu remplir sans cesser ses études de médecine, il ne fallait pour cela qu'un mot de l'abbé Batteux qui lui refusa cette recommandation. Il n'eut donc pas cette place. Cette anecdote explique sans doute les sentiments amers de Jean GOULIN envers son ancien protecteur.

Jean GOULIN employa les hivers 1753 à 1755 à l'étude de l'anatomie dans l'amphithéâtre du docteur Ferrein de la Faculté de Médecine et à celle du Jardin des Plantes. Il suivait, en même temps, avec exactitude, les cours de l'Hôtel Dieu. Il y fut attaqué d'une galle opiniâtre et suppurante qui l'obligea à garder la chambre pendant six semaines et lui fit perdre toutes les répétitions qu'il avait en ville. Il fit alors un voyage à Reims pour chercher de l'aide mais les soutiens sur lesquels il comptait lui ayant manqué, il fut forcé de vendre sa bibliothèque composée de 500 à 600 volumes, ne conservant que ceux relatifs à la médecine. Il se défit aussi peu à peu des ses autres meubles et effets. Il renonça enfin au projet qu'il avait formé d'entrer en licence dans la Faculté de Médecine de Paris.

Il semblerait cependant qu'il se fit recevoir plus tard docteur dans une autre faculté puisque dans une lettre sur Hecquet insérée dans le journal de médecine de 1762, il prend le titre de docteur en médecine. Mais cette question n'est pas vraiment éclaircie car le médecin De Villiers a écrit dans un de ses livres : "Jean GOULIN qui se dit docteur et médecin, et ne l'est pas ...". Cependant cette dernière affirmation de De Villiers est démentie par un ouvage récent paru en 1997 à Oxford : "The Medical World of Eighteenth-Century France" dans lequel deux historiens de la médecine, les professeurs Colin Jones et Laurence Brockliss indiquent (p. 563, note 42) que Jean GOULIN a écrit un journal d'observations hospitalières entre 1754 et 1755 (conservé à la Bibliothèque Municipale de Reims (MS 1073) ; l'existence de ce journal permettant de penser que Jean Goulin a passé son doctorat de médecine à la faculté de Reims.

Rappelons, que pendant l'Ancien Régime, de nombreux jeunes médecins sans fortune ne pouvaient pas s'inscrire à la Faculté de Médecine de Paris car le coût d'entrée y était très élevé. Or sans doctorat délivré par la Faculté de Paris, personne ne pouvait pratiquer la médecine dans cette ville et ses faubourgs. C'est probablement pour cette raison que Jean Goulin n'a jamais pratiqué la médecine à Paris avant la Révolution et a du se limiter à la publication d'ouvrages médicaux.

En 1756, Jean GOULIN a pu enfin retrouver une place de précepteur dans une famille qui lui procura 600 livres d'honoraires et le tira de la misère où il était. Il donna en même temps des leçons de latin à une personne aisée qui le récompensa bien. En 1757, il traduisit la thèse de Falconet sur l'appareil latéral, inséré dans le second volume de la collection des thèses donnée par Macquart en 1759. Puis en 1758, il fit de même pour la dissertation de Castell sur "l'insensibilité des tendons, des ligaments, du périoste et du péricrâne". En 1760, il participa à la révision du dictionnaire des rimes de Richelet. Le bénéfice qu'il retira de ces différents travaux, joint à ses appointements de précepteur fit qu'à la fin de l'année 1760, il avait retrouvé une certaine opulence et cru pouvoir recouvrer sa liberté en renonçant à son état de précepteur qui lui déplaisait tellement au point qu'il répétait souvent que s'il avait un fils dont il fût mécontent, il le punirait en l'obligeant à embrasser cet profession. Ce n'est pas que Jean GOULIN cru qu'un homme s'avilissait en instruisant les autres ; il regardait au contraire comme très honnête cette fonction, mais il était indigné du peu de considérations qu'on accordait, dans nombres de maisons, à cette personne, qu'on regardait, tout au plus, comme un premier domestique.

En 1760, redevenu libre à l'âge de 34 ans, Jean GOULIN commença à travailler en littérature avec intérêt et assez lucrativement pour vivre sans autre ressource. "Mon travail", dit-il "m'aurait procuré une honnête aisance si ma bonne foi, mon désintéressement n'avaient réduit de beaucoup le fruit de mes veilles. J'ai fait beaucoup d'affaires avec les libraires ; très peu ont rempli envers moi leurs engagements. Tous ensemble ou séparément m'ont frustré de près de 20 000 livres en quinze ans." (sur cette question l'auteur de cette biographie considère que Jean GOULIN est certainement injuste vis à vis des libraires parisiens de l'époque).

En 1761, il révisa l'ouvrage intitulé "l'Agronome" qui étaient tiré de celui intitulé "Manuel des Dames de la Charité". Jusqu'en 1762, il rédigea les "Annales typographiques" concurremment avec ROUX et DARCET ; la même année il fit la révision de l'abrégé du dictionnaire de Trévoux et participa à la rédaction du "Dictionnaire domestique portatif de cuisine, d'office et de distillation". Il effectua également la révision de l'ouvrage "l'imitation de J.C." rédigée par le Père Morel.

En 1763, il abandonna la rédaction de l'ouvrage culinaire qu'il avait commencé et il rendit au libraire Vincent le traité fait entre Aubert de la Chesnay des Bois, Auguste ROUX et lui-même. Cet abandon se traduisit pour Jean GOULIN par plusieurs tracasseries qu'il eut avec Aubert de la Chesnay Des Bois qu'il maltraite fort à ce sujet. Le troisième volume de ce dictionnaire a paru en 1764.

En 1766, il épousa Françoise Mélanie PARIS, fille cadette de Claude PARIS, célèbre artisan opticien, né vers 1703 à Paris (Chaillot) et mort vers 1763 (Jean Goulin vivait avec cette famille depuis 1752). Les nombreux détails que Jean GOULIN rapporte, dans ses mémoires, au sujet de son épouse quoique vraisemblables sont tout à fait romanesques. Adonné tout entier aux travaux d'écriture, travaillant jusqu'à seize à dix-huit heurs par jour, Jean GOULIN passa cependant les premières années de son mariage avec juste assez de revenus pour vivre sans même pouvoir rien économiser.

En 1771, Guettard lui fit proposer une place de médecin auprès d'un comte Palatin, parent du roi de Pologne ; il la refusa ! L'année suivante, il avait 44 ans, il perdit sa femme dont il avait eu deux enfants morts en bas-age. Cette perte lui fut très sensible ; il se retrouva isolé, abandonné de ses parents, réduit à chercher une consolation dans ses livres et dans son travail. En outre, chargé de près de mille écus de dettes qu'il ignorait (?), il perdit encore, peu après, 2000 francs que lui devaient deux particuliers et au paiement desquels il ne put les contraindre à défaut de titres valides.

Les années 1773 et 1774 furent donc très dures pour Jean GOULIN. "Le fainéant qui par choix exerce le vil métier de mendiant était", dit-il "plus sûr de ses ressources que moi dans ces années désastreuses".

En 1775, il a fait publié l'ouvrage qui lui a acquis le plus d'honneur et qui l'a fait connaître comme un des plus savants et des plus habiles bibliographes en anatomie, médecine et chirurgie de son temps. Cet ouvrage intitulé : "Mémoires Littéraires, Critiques, Philosophiques, Biographiques et Bibliographiques pour servir l'Histoire ancienne et moderne de la Médecine " lui mérita les plus grands éloges dans tous les journaux et son association au collège de Médecine de Nancy. Malheureusement le goût pour la littérature ancienne, surtout médicale, n'était pas alors plus ardent qu'il ne l'est aujourd'hui. Aussi, le libraire, faute d'un nombre suffisant de souscripteurs, se vit-il forcé, la seconde année d'abandonner l'édition de cet ouvrage ambitieux. Mais Jean GOULIN voulut le forcer à remplir ses engagements et finir la seconde année. Pour ce faire, il fit le sacrifice de ses honoraires (480 francs) et engagea un procès contre le libraire qu'il gagna et ce dernier dû imprimer les douze feuillets du second volume déjà livrés par Jean GOULIN. Mais cette publication s'arrêtera là ...

En 1777, les divers travaux littéraires menés par Jean GOULIN ne lui étant pas été très lucratifs, il vendit à G... de F.... sa bibliothèque composée d'environ 3 600 volumes contre une rente viagère de 600 livres (il s'était cependant réservé le droit d'en jouir le reste de sa vie). En 1780, Jean GOULIN ne pouvant résister aux instances réitérées de G... de F.... vint s'installer chez lui avec sa bibliothèque. Deux ans plus tard, lorsqu'il eut pris la résolution de se retirer dans le village de Mennecy-Villeroy, G... de F ... se fâcha et Jean GOULIN décida de renoncer à son droit de jouissance sur la bibliothèque. Plus tard en 1790, aura un nouveau un litige avec G... de F.... qui considérera que tous les livres acquis par Jean GOULIN depuis 1782 lui appartiennent également. Ce litige sera résolu par le versement d'une somme de 780 francs correspondant à la retenue des vingtièmes (Impôt sur le revenu de l'époque).

En 1782, Jean GOULIN, âgé de 52 ans, se trouva réduit à la rente viagère de F... de G..... car dans le même temps il avait cessé de travailler au Journal de la Médecine qui lui rapportait pourtant aussi près de 600 francs par an. Dans sa détresse, il prit le parti de vivre jusqu'à la fin de ses jours à Mennecy-Villeroy mais ne pouvant plus, à cause de la perte de ses livres, se consacrer à ses anciennes études, il en imagina d'apprendre l'arabe, afin de lire, dans le texte original, les auteurs, comme Avicenne, dont la traduction latine est inintelligible. Vers la fin de novembre 1783, Jean GOULIN quitta Mennecy pour se fixer à nouveau à Paris et travailler, en l'échange de 480 francs par an, comme journaliste littéraire avec l'abbé de Fontenay "Aux affiches de province",revue dont ce dernier était propriétaire et principal rédacteur.

En 1784, Jean GOULIN déçu par son entourage écrira : "Dans tous les temps on ne s'est guère avancé qu'avec des protections, en s'intriguant, en s'agitant, en faisant humblement sa cour aux gens supérieurs, en caressant bassement leurs valets, en se montrant souple et rampant. C'est par ces voies adroitement ménagées qu'on obtient des grâces, des places, des pensions. L'homme honnête qui ne veut pas employer ces voies reste inconnu et vit en paix dans son étroit réduit mais aussi, sa conscience ne lui reproche aucune démarche dont il puisse rougir".

En 1785, Vic-d'Azyr lui proposera pour la première fois de rédiger pour l'Encyclopédie de Diderot la biographie des anciens médecins, mais ce n'est qu'en 1789 que Jean GOULIN s'est entièrement consacré à ce travail.

Jusqu'en décembre 1787, Jean GOULIN travailla pour le journal littéraire "Les affiches de Province" mais n'ayant reçu pour toute cette période que 408 francs, il le quitta : "ne voulant être plus longtemps la dupe de cet ex-jésuite qu'est l'abbé de Fontenay ..." En contrepartie, cependant, il retira de ce travail la reconstitution de sa bibliothèque puisqu'il avait été convenu qu'il gardait tous les livres dont il rédigeait des notices. Le 11 avril 1789, Panckoucke vint le trouver. Il lui lut un projet d'arrangement qu'il avait rédigé pour accélérer la publication des articles médicinaux de l'Encyclopédie. Projet qu'il avait l'intention de soumettre à l'examen des auteurs de ces articles et de faire signer par chacun d'eux. En effet, Vic d'Azyr avait décidé d'abandonner cette responsabilité que ces grandes occupations ne lui permettaient plus d'assurer et il avait jeté les yeux sur Jean GOULIN qu'il croyait seul en état de remplir cette tâche. Ce dernier n'accepta qu'à condition d'être approuvé par la grande pluralité des suffrages de l'assemblée des auteurs. L'assemblée eut lieu le jour même et Vic d'Azyr annonça sa décision d'abandonner sa charge d'éditeur et proposa Jean GOULIN. Tout le monde applaudi et d'une voix unanime il fut choisi pour le remplacer.Il semblait que qu'il n'y avait plus à revenir sur ce choix, lorsque le 1er juin suivant, Jean GOULIN reçu un billet qui lui annonçait une nouvelle assemblée pour le quatre juin chez Vicq d'Azyr car une partie des auteurs souhaitaient que ce dernier reprenne sa place.

(suite sur la 2ème page)

Sources : Sue, Pierre. : Mémoire historique, littéraire et critique sur la vie et les outrages de Jean Goulin. Paris: Blanchon, 1800.