Faire le point.

Pour une fois, je vois clair. Pour une fois, je ne tombe pas dans les mêmes travers. L’âge se fait mûr, et ses fruits sont à portée. Grâce à cette évolution basée sur l’esprit du bon enfant, le détachement est devenu une fatalité. Tout autant salvateur que destructeur, il continue tout de même à veiller sur moi.

Un esprit serein dans un environnement électrique : cela me permet d’aimer certains moments, de me moquer de bien d’autres, de rager tout de même sur un certain nombre d’entre eux. Le résultat est là : je ne suis plus en PLS comme au temps de la tutelle de mon pauvre archétype mental.

Joueur. Joueur par nature. L’âme enjôleuse et joueuse, rêvant de faire une merveilleuse partie d’un étrange concept. Éveillant et créatif. Ludique comme pour des enfants de cinq ans. Dans tout cela, une chose est bien claire, précise et concise : c’est un appel à l’amour, sous forme d’amusement et de chamaillerie.

Dans ce doux repos, les prises de tête sont sûrement indubitables. Cela serait même entièrement illusoire et utopique. Mais que veux-tu? Je dois apprendre. Apprendre à aimer, à m’ouvrir, à m’épanouir au contact de cette idylle. Ne plus être à ce point détaché de tout — ce qui frise avec la perdition. Le coût en est bien trop cher : le prix du goût de la vie et des émotions.

Car dans ces tares, rien ne resplendit plus que certains souvenirs compromettant l’avenir. Je suis pourtant si jeune. Et pourtant, la route de la vieillesse devient bien plus visible. Une route qui me demande d’aimer. Sans psychose ni névrose. Sans vouloir tout contrôler, sans vouloir tout savoir. Juste faire confiance.

Juste se donner mutuellement ce petit sourire qui équivaut à toutes les preuves d’amour. Les pièges, j’en évite certains. L’esprit assagi, je suis heureux d’être un de ces humains qui apprennent de leurs erreurs. Heureux de sentir que je ne suis pas le seul.

Finalement, sous ce masque étrange, mélange de scepticisme et de cynisme, se trouve encore un cœur intact. Un cœur à l’épreuve du temps et des balles. Un cœur qui ne s’est pas retrouvé dans un cercueil lorsqu’il agonisait sur le seuil de la mort. Un cœur qui lui dit que, malgré tout, la vie personnelle peut encore être belle.

Le regard n’est plus perdu dans le ciel. N’est plus fixé sur le sol. Le regard se porte sur les alentours, cherchant la musique qui entrera en harmonie.

Nimp.

Lorsque tu sors, et que te tombe dessus le coup du sort. D’un soir comme les autres, tout bascule. À la renverse, tu n’en crois pas tes sensations. Et pourtant, l’essence fume dans un vrombissement inaudible.

Hum, quel mystère que le parcours soit embourbé. Laisse faire la pluie pour zapper toute trace de gomme. Mastique tes croyances et avale sans retenue. Toi qui es si droit dans tes bottes. Hum, belle transformation. D’un papillon en frelon. Il mord, déchiquète, mais ne pique pas.

Hum, oui, il aime n’importe qui sait quoi. Boum, la trouille vide la panse. Et il pense que rien ne va. Mais tout va. Et surtout ça vient. Hum, la mélancolie cède aux sirops de cèdre.

Ah, ces beaux érables éreintés d’une saignée toujours inépuisée. Hum, sois zen, car de toute manière, rien ne dure. Hum, sois serein, tu es en son sein.

Maudits soient les maternés. Une vie élevée par des femmes. Une vie couvée par des sortes d’hommes. La pluie est d’acide et le goudron de miel.

Hum, il fallait se dire dès le début que l’on n’en avait rien à battre. Mais bon. À défaut de se donner bonne conscience, on se donne beau look, bon genre. Hum, laisse-toi pousser les cheveux. Les écharpes sont utiles par ici en hiver.

Faut être pragmatique pour survivre. Il faut être sentimental pour laisser vivre. Hum, quel brouhaha de confusion. Sans queue ni tête, vois-tu le vide s’insérer dans les saisis, soupirs des hanches de la jolie.

Rare comme des perles. Bénie comme tes yeux. Sans vouloir t’offenser, puis-je t’appeler mademoiselle? Oui, car voilà, tu es belle. Toi, tite muse qui murmure ces susurrements. Quel délice de ne pas t’entendre.

À défaut de crier, on bêle comme des bègues en foire de charrue. Hum, comment cela ne veut rien dire? C’était pourtant si mignon de te voir dégueuler dans tes propres moignons.

Farcis aux p’tits oignons, je me régale de la farce. Mais sale fou de chapelier, arrête tes pitreries. Le dindon te fait-il encore des farces pas drôles?

Comme ces jeux de mots pourris qui ne veulent rien dire, je vous dis donc que je me tire.

La rose noir.

Cette ombre qui nous pourchasse, cette mort qui, pas à pas, se rapproche. Au fil des cheveux qui tombent, des dents qui pourrissent... L'odeur de la vie, exquise, t'épanouit le cœur. Trouve ta propre énergie, ta propre essence ; ne crois pas ceux qui jugent en mal et bien, ceux qui font la morale et envoient des pensées aux naufragés. Ce sont de bouées dont ils ont besoin. Alors soit ne pense pas à eux, soit aides-les de tout ton être.

Car, pire encore que notre indifférence, ce sont toutes ces belles paroles de faux ambassadeurs de la paix. Prônant amour et lumière, ils n'ont pas conscience de leur haine et de leur ombre.

Alors hurle de rage à vouloir tuer, embrase d’espoir de vouloir procréer. Ris, pleure, car un jour tu vis, le lendemain tu meurs. Ne sois pas dans l’embarras de ce que tu laisses derrière toi. Nous avons tous des boulets, tout comme des lumières pour embellir nos chemins, nos faux élaguant les ronces qui nous entravent. Amoureux de la mort et du noir, le rouge du sang nous fait bouillir de vie. Voir ces fleurs s'épanouir et faner le lendemain...

Le temps qui n'existe pas passe pourtant, au goutte-à-goutte mais à toute vitesse. Ne fais pas non plus confiance au pouvoir, celui-ci qui te délaisse pour le plus sournois. Car il y a un ravin entre le sournois et le malin ; le malin, lui, peut faire du bien.

Avance. Retourne-toi pour contempler l’étendue de ce que tu as déjà vécu. Ne sois pas impatient au point de perdre haleine. Prends ton temps. Pose-toi. Admire la lassitude qui t'habite, car tu sais que rien ne changera tant que tu ne te lèveras pas. Lève-toi simplement pour ta vie. Notre espèce est perdue.

Alors fais ce que tu aimes, que ce soit de maudire ou de bénir. Tout n'est qu'expérience, alors expérimente. C'est notre seul don, aimant tant cohabiter avec la création et l’ingéniosité. Ta curiosité, elle, t’amènera à bon port, à condition de bien préserver ton instinct.

Les loups rôdent. Mais sont-ils réellement des loups, ou simplement des brebis perdues? Si c'est le cas, ne cherche pas à en être le berger. L’attraction de ce qui gravite autour ne sent que le vautour. Mais si l’instinct et ton essence te guident réellement, alors prends les rênes.

Cependant, donner le pouvoir à quelqu'un qui le désire n'a jamais fait de bon compromis. La justice n'a de valeur que pour soi-même. Sois juste avec toi : juste un credo, une idée germée. Ce qui est permis, c'est ce que tu t'imposes. Mais sache que des barrières sont souvent plus utiles que des perches.

Fais bien attention, car dans ce monde qui t'entoure, tu n'es pas seul. Se savoir capable de divers actes est une chose superbe, mais les accomplir, est-il si aisé? C'est par ce biais-là que la curiosité risque de t’embarquer, dans un cheminement de questionnement sur ce que tu peux accomplir. Comment? Dois-je? Le rôle des barrières que tu peux t’imposer est justement de mettre des limites aux actes que tu pourrais commettre. Mais auras-tu la force de te tenir à ton credo?

La force d'esprit vient de l'essence que tu auras trouvée en toi. Alors, qu'est-ce que cela donne? Peux-tu mourir pour une cause, pour sauver la vie de quelqu'un? Ou peux-tu simplement la lui ôter? Quel est le but de tout cela? De savoir ce dont on est capable? Sûrement une quête plus profonde pour connaître son être.

Certains seront manuels, voudront réaliser le plus bel édifice au monde. Ils se sont trouvé un but. Toi, non. Donc tu diverges en voulant savoir quoi faire. Et c'est ce que tu fais de mieux : chercher en toi les réponses, mais sans trouver le courage de les appliquer. Ta force de volonté risque d'être encore trop faible. Et pourtant, ta confiance en ton instinct est sans égard. Voilà un point faible, car celui-ci s'est atrophié dans ta complaisance.

Observe bien ce qui t'entoure. Les réponses y sont aussi. Car tu es en ce monde. Alors accepte-le, et tu seras une cellule cancéreuse de moins. Une espèce entière qui rejette son habitat naturel... Est-ce une des raisons pour laquelle elle détruit tout ce qui l'entoure? L'adage dit pourtant que nous ne sommes jamais aussi bien qu'à la maison. Alors... sommes-nous réellement de cette planète? Ou même de cette réalité?

Cependant, ne gaspille pas ton intellect. Il est comme ces ordinateurs que nous construisons : si nous l'encombrons de données qui n'ont rien à faire là, alors il plante. Mais si toi, tu plantes bien tes racines, si tu suis ton credo comme il se doit, alors lève le doigt en signe de victoire. Arbore un sourire rempli d'allégresse. En compagnie d'amis, celui-ci est plus délectable, car contagieux il est.

Par contre, s'il te plaît, si tu choisis de suivre le développement viscéral de ton cerveau reptilien... fais le tout seul. C'est une voie qui, sans partage, fanera. Mais elle n'en sera que plus belle. Ton jardin secret se trouvera tel celui de Babylone. Mais sache que certaines de ses plus belles fleurs sont affreusement mortelles.