La dégénérescence d'un monde.
Je ne vais pas ici mentir sur quoi que ce soit. Simplement dire ce que je perçois et ai appris dans ma courte vie. Un monde actuel où tout penche pour une modernité matérielle. De tout ce que j’ai fait, je me suis toujours senti perdu. Faire des choses et aller dans des endroits pour finalement passer le temps. Apprendre des choses qui nous font dépendre d’un système qui n’a finalement qu’un but : nous priver de notre vie. Où nous apprend-on à nous nourrir par nous-mêmes, de A à Z? Je suis actuellement dans un des lieux les plus reculés de la civilisation, et je remarque que tout ce que je sais ne me sert à rien... Cette éducation a été tellement parfaitement poussée dans ce sens que, même le corps, n’a pas la capacité physique optimale à vivre. À vivre avec quoi? La nature, qui est sa mère, sa nourrice et sa maison. Je peux dire qu’il existe véritablement deux mondes sur cette planète : l’un gris d’immeubles et l’autre vert de vie.
Toute une population s’est retrouvée endormie. Pour celle-ci, revenir à vivre avec la nature risque d’être difficile...
Lorsque j’étais encore en France, je percevais une certaine prise de conscience, un réveil, dans lequel je me voyais faire partie. Mais voilà, cela me paraît maintenant plus qu’une partie de plus, qui ne fait finalement pas avancer grand-chose. Tout le monde se conforte dans le confort qu’il possède, et tue le temps pour garder celui-ci...
Pour finalement changer les choses, il faut apprendre d’une autre éducation ce qui existe d’autre. C’est pour cela qu’il faut partir à l’inconnu et sacrifier ce que l’on possède pour l’inconnu.
Voici encore une tare de l’éducation : elle ne nous a jamais enseigné à aller vivre face à l’inconnu, et avec le plus important : le cœur. Au contraire, elle a inculqué la peur chez les humains. La peur de soi-même et des actes que l’on peut faire. Il suffit de ne pas être con pour comprendre que ça ne sert à rien de faire du mal à autrui. Se respecter soi-même et les autres... Mais voilà, comment des hommes ont-ils pu créer une telle éducation? Parce qu’ils ont reçu la même? C’est possible, mais quand on voit jusqu’où cela part, on peut se poser la question. Pour le profit?! Je ne pense personnellement pas que faire autant de profit sur autrui puisse rendre quelqu’un heureux. Ils s’enferment dans une cage aux barreaux dorés et entraînent tout le monde avec eux.
Et c’est par la masse que cette machine avance ; c’est la masse qu’il faut réveiller pour que cette machine s’arrête. Car cette machine ne fonctionne que sur de l’illusion.
Je suis en pleine campagne, entouré d’animaux. Il n’y a que cet instant qui existe, car je ne m’y sens pas perdu. Mais dès que je rentre dans leur jeu et pense au futur, et à après le voyage, me voilà perdu. Alors, en vivant au moment et hors de ce système, tout est possible. Mais les espaces me paraissent tout de même bien limités par cette prison qui avale tout ce qu’elle peut. C’est pourquoi il faut lutter avec le cœur, comme paroles et comme actes.
03/01/2011 Quemquemtreu. Patagonie. Argentine.
Vide.
On dit que le néant n’existe pas. Que le mentionner lui fait prendre forme. Alors que peut-il sortir du vide? Un vide tortueux, qui retourne les boyaux. Depuis son éternité, il prend place dans tout ce que l’on construit. Un vide tellement plein de vie qu’il en vide de sens la vie.
Erre-t-il au gré de mystérieuses impulsions? Aurait-il un soupçon de conscience? Ou bien de subconscience? Son but est-il de nous faire prendre conscience que nous ne le sommes pas? A-t-il seulement un but? Est-il finalement juste un facteur de l’entropie? Quelle qu’elle puisse être, est-il, au bout du compte, juste la question?
Par moments, on pourrait croire qu’il danse dans des extases aux mille couleurs et symphonies. Par d’autres, qu’il se brise comme les glaciers à l’extension des glaces. Car son sein paraît tellement figé. Dénué de sentiments, d’émotions et de compassion. Il égraine le temps d’une indicible lenteur, avec pourtant la fourberie du temps qui se faufile à en ternir l’or.
Voilà bien qu’une déviance se présente, susurrant qu’elle comblera tous les aspects de la vie. De joie et de tristesse, d’euphorie et d’apathie. Te faisant croire que, par ce biais là, tu vis pleinement les expériences qui s’offrent à toi. Agissant, réagissant, tu stimules cette illusion.
Sous toutes ces couches de choses, de faits, de quoi que cela puisse être, le vide règne. Intemporel, indicible, immuable et impersonnel. Il broie tout cela avec une indifférence absolue.
Alors que, tout à son opposé, il existe une étincelle majestueuse. Celle qui transforme le vide en complétude. Dans la forme, tout est identique. Tout est parfaitement confondu. La vie est toujours remplie d’émotions et d’autres. Mais sous les couches, le vide ne règne pas. Subjugué par l’étincelle d’une ardeur calme, digne du vide.
Rien n’a changé. Mais une bascule est parvenue à créer la vie du néant. Le mouvement en est peut-être la solution. Le vide est peut-être, au bout du compte, une absolue stagnation.
Pourtant, dans le calme de l’excitation de la vie, dans l’absence de toutes nos émotions et impulsions, dans ce vide de tout, l’étincelle de la complétude s’embrase de plus belle! Faudrait-il alors faire attention à faire une différence entre le vide et le calme? Mais le calme ne vient-il pas d’un vide de pensées? Entre autres… Cela est indéniable.
Maudit soit-il, ce briseur d’âme. Il ne s’agit même plus de savoir où regarder. Il s’agit sans doute de ne pas savoir. Abandonner la morosité qu’il inflige à notre être. Plonger dedans à cœur ouvert. Alors, notre cœur l’embrase de lui-même. Faisant de nous ce que nous sommes vraiment. Ressentant les choses avec le respect d’une profondeur indicible. Ne nous y attachant cependant pas. Réalisant la futilité de ce que l’on vit, nous la prenons avec une sérieuse dérision.
La vie coule alors sur nous, nous érodant au lieu de nous briser. Mais, par ce fait, dispersant des parties de notre être à travers l’existence. Nous nous extasions alors du partage de notre vision, pour pouvoir finalement s’éteindre en paix avec, et dans le vide. Sachant que certaines parties de notre étincelle s’envolent illuminer de nouveaux cieux. Aussi sommairement que fugaces. Pendant une fraction de seconde, quelqu’un, quelque part, ressentira quelque chose : cette complétude universelle qui est en chacun.
Alors, au bout du compte, est-il si terrible que cela de vivre dans un néant, mais ayant eu la chance fugace, quelquefois, d’avoir entraperçu le tout? Que la grâce puisse tous nous toucher. Mais notre cœur, pas notre illusion de conscience. Car, par conscience, beaucoup entendront intellect. Alors que c’est pourtant celui-ci la victime la plus accablée de ce vide de vie.
La conscience n’est pas l’intellect. Elle est, si j’ose dire, le vide lui-même. L’extrapolation de celle-ci dans la vie crée le mouvement. Et le mouvement d’une conscience issue du vide est finalement peut-être la complétude. Au bout du compte, la création est notre véritable manifestation de la conscience en mouvement. Notre calme, lui, est la non-manifestation de notre conscience dans le vide. Et pourtant, pouvant être tellement serein.
Criant de vérités erronées.
Agheu, Agheu, être un grand débile. Comment jauger l’intelligence quand il n’y a que des imbéciles? Comment jauger l’amour quand il n’y a que de la béatitude sénile? Comment jauger la tristesse quand il n’y a que du faire-valoir? Comment jauger l’estime de la vie lorsque la mort est plus intéressante? Comment jauger la gentillesse quand il n’y a que de la niaiserie? Comment jauger la vérité quand il n’y a que des humains pour l’interpréter? Toi qui regardes où tu marches, je te demande : préfères-tu regarder le ciel ou la terre? Ton passé a-t-il une quelconque importance à tes yeux? Ton avenir, l’estimes-tu avec envie et dévotion, ou bien avec cauchemars et angoisse? Les personnes qui t’entourent, les considères-tu avec humanité ou avec dégoût? Le dédain de ta marionnette, qui est plus vivante que son créateur. Le créateur obnubilé par un passe-temps qui dure depuis la nuit des temps. N’en a-t-il pas marre de tourner en rond, dans la perfection du cycle de la vie? La mort est une récompense en soi, achevant l’humain inachevé, s’abreuvant de regrets, de remords que tant de devoirs et déboires ont influés. C’est la carotte qui, finalement, nous tient en vie. Encore une putain de farce au mauvais goût de divine dichotomie. Aucun doute là-dessus. Recommencer. Encore et encore et encore. Sélection naturelle. Sélection sociétale. Sélection divine? Na, na, na, na, na… Attends, tu ne crois pas que l’on peut donner du pouvoir à tout le monde? Il faut que tu nous pries! Il faut que tu te dévoues. Il faut que tu nous nourrisses!!!! À jamais, dans l’éternité, tu resteras enfermé. À jamais, dans l’ignorance, tu resteras. Car dans la magnificence de ta vie, dans les recoins de ta joie, dans le comble de ton amour, le serpent sera toujours là pour injecter son venin. Non, tu n’évolueras pas. Tu es enlisé dans mes bras. Car oui, tu aimes mes caresses. Tu adores mes doux mots doucereux dans le creux de ton oreille, avilissant tes rêves et ton imagination. La science est une garce, une farce, cette impression de pouvoir et de libre arbitre. Le destin est héroïque, car tu sais que tu es là pour une bonne raison. Tellement, tellement de manières de nous mettre des œillères. Il n’y a nulle part liberté. Nous sommes seulement en trois dimensions, après tout. Il ne faut pas trop en demander. Cela serait-il le syndrome du Samsara? La boucle perpétuelle de l’enfermement de l’âme dans les réincarnations… jusqu’à atteindre le Nirvana. Mais il n’y a aucune foi là-dedans, ou bien peu d’espoir? Critères d’entrée bien trop élitistes pour de pauvres prolos, éduqués par des parents qui auraient mieux fait d’élever des chiens.